Sciences Economiques
et Sociales (SES) – SOCIOLOGIE ET SCIENCE POLITIQUE
Chapitre 5 : Comment expliquer l’engagement
politique dans les sociétés démocratiques ?
Cours de Sciences Economiques et Sociales (SES) –
Science économique nouveau BAC 2021 (SES,STMG, BTS, BUT tertiaire, Licence de
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Cancer
Objectifs du cours /
objectifs d’apprentissage
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Que dois-je savoir faire ? |
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Quelles sont les notions que je dois connaître (comprendre,
maîtriser) ? |
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En
France, la fin de l’année 2018 et l’essentiel de l’année 2019 ont été scandés
par les « actes » successifs du mouvement protestaire des «
Gilets jaunes », initialement lié à l’augmentation du prix des carburants
automobiles. L’ampleur de la contestation, son caractère peu structuré, le rôle
qu’y ont joué les réseaux sociaux, l’apparition de porte-paroles extérieurs au
monde syndical et partisan, la combinaison de formes de mobilisation classiques
et novatrices... ont poussé certains médias à s’interroger sur la survenue d’un
nouvel âge des mouvements sociaux.
Sans nier la spécificité de ce
mouvement, il convient toutefois de ne pas surestimer l’importance de la
« rupture » qu’il traduirait. La sociologie se doit en effet
d’objectiver les transformations de l’engagement sans pour autant négliger la
permanence d’un certain nombre de ses expressions. Les grèves et manifestations
qui ont entouré le projet de réforme des retraites lors de l’hiver 2019-2020
résonnent ainsi avec des formes de conflictualité plus anciennes.
Il semble alors légitime de se
pencher sur les grilles de lecture que la sociologie et la science politique
ont développées afin de rendre compte de l’engagement politique dans les
sociétés démocratiques.
Pour ce faire, il faut avant toute
chose définir l’engagement et déployer la diversité de ses formes, de ses
acteurs ainsi que de ses répertoires d’action (I). La question des logiques de
l’engagement est cruciale : à la mise en évidence des facteurs
structurels qui favorisent plus ou moins le déclenchement des mobilisations,
répond celle des rétributions dont bénéficient les individus qui s’engagent (II).
L’analyse de l’engagement exige ensuite de réinscrire ces logiques dans des
appartenances sociales, en interrogeant le rôle des grandes variables
socio-démographiques (III). Enfin, la sociologie des mouvements sociaux s’est
largement organisée, depuis les années 1960, autour de théories et paradigmes
concernant les évolutions de la conflictualité. Une présentation et une
discussion des principales hypothèses permet de mieux cerner les contours de la
« nouveauté » sans céder pour autant à une lecture trop
évolutionniste (IV).
La démocratie est un principe d’organisation de la vie politique qui
repose sur le fait que le pouvoir exercé sur la société appartient et est
exercé par les citoyennes/citoyens
Dans une république, ce pouvoir ne
peut faire l’objet d’une appropriation par une partie (une seule personne :
monarchie, une catégorie sociale autodésignée : aristocratie ou un groupe de
petite taille : oligarchie) puisqu’il est une chose publique.
Pour rendre le principe démocratique
effectif, différentes modalités peuvent être envisagées dont la principale est
le recours au vote des citoyennes/citoyens :
• pour décider directement
(référendum)
• pour désigner des représentant-e-s
qui décideront en fonction du mandat qu’ils/elles auront reçu de leurs concitoyennes-électrices
/concitoyens-électeurs.
L’engagement politique peut se définir comme le fait, pour un
individu, de prendre parti sur des problèmes politiques c’est-à-dire qui
concernent l’ensemble de la « cité » (polis en grec), par son action ou ses
propos. Cette notion rappelle qu’il existe aussi une société civile qui porte
des enjeux propres et parfois contraires aux priorités gouvernementales ou des
principaux partis. Composée d’associations, d’organisations non
gouvernementales, de « collectifs » plus ou moins institutionnalisés, elle joue
un rôle croissant dans une période où partis politiques et syndicats sont
contestés.
Les
individus peuvent donc participer à la vie démocratique de façon plus ou moins
intense. Ils peuvent agir de façon isolée (inscription sur une liste
électorale, vote, signature d’une pétition), au sein des institutions qui
composent la société civile organisée ou en adhérant à un parti politique. Les
préoccupations politiques sont variées : discussion sur une question, un projet
ou une décision qui concerne la société dans son ensemble (la question de la
fin de vie), un groupe défini (comment assurer une agriculture durable ?) ou un
enjeu particulier (faut-il fermer telle centrale thermique ? Faut-il construire
telle voie routière ?).
L’engagement
politique se caractérise tout d’abord par la grande diversité des formes qui de
plus évoluent dans le temps (I).
Il
permet de s’interroger sur les motivations des différents acteurs mais aussi
sur les raisons ou les causes qui poussent à s’engager alors que cela
n’apparaît immédiatement comme une attitude rationnelle (II).
On
étudiera aussi les différentes variables sociodémographiques qui peuvent
faciliter ou conditionner l’engagement, orienter ses formes ou son intensité
(III).
Enfin,
au-delà de la diversité étudiée dans la première partie, on s’intéressera à la
dynamique de l’engagement qui affecte tout à la fois les objets, les acteurs et
les modalités (IV).
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Objectif d’apprentissage 1 : Comprendre que l’engagement politique prend des
formes variées (vote, militantisme, engagement associatif, consommation
engagée). |
Le vote est l’acte le
plus commun et le plus reconnu de l’engagement politique
Sous
une apparence simple, le vote, acte
par lequel un individu prend position à l’occasion d’une prise de décision
collective, pose toutefois des questions plus complexes.
L’exercice du droit de vote
dans son acception élémentaire est la forme la plus connue de participation et
d’engagement politique. Il se manifeste lors d’un scrutin pour désigner
(élection) ou exclure (révocation) une représentante/un représentant, ou pour
participer à une décision (référendum).
Le
vote peut porter sur les différents niveaux de la vie politique : municipal,
départemental, régional, national et depuis 1979 européen. Le processus électif
concerne aussi les instances professionnelles, associatives ou personnelles
(dans le cadre d’une copropriété pour désigner le syndic, dans une association
lors de l’assemblée générale). Dans l’institution scolaire, l’élection sert à
désigner les représentants des élèves et des parents au conseil de classe et
dans d’autres institutions au sein du lycée ou au niveau académique ou
national.
Le
mode de scrutin joue un rôle important dans la traduction du vote individuel en
décision collective. [Le scrutin
majoritaire uninominal à 2 tours utilisé pour les élections législatives réduit
la diversité de la représentation mais permet le plus souvent l’émergence d’une
majorité stable. A l’inverse, un scrutin à la représentation proportionnelle
permet à des forces politiques de moindre importance numérique d’accéder aux
outils et aux responsabilités de la représentation (comme dans les Conseils
régionaux ou au Parlement européen). L’analyse des taux d’abstention ne permet
toutefois pas d’établir un lien significatif entre mode de scrutin et intensité
de l’engagement. La nature des enjeux prime le mode de scrutin comme le montre
les taux d’abstention relativement plus faibles pour l’élection présidentielle
ou pour les élections municipales que pour les élections régionales ou
européennes où l’offre politique est portant plus diversifiée.].
La
question de la participation politique inclut aussi la non-participation qui
peut prendre plusieurs formes :
•
La non-inscription sur les listes électorales apparaît comme un enjeu majeur
pris en charge différemment selon les Etats. Si en France, le choix a été fait
en 1997 de rendre la première inscription automatique, elle reste dans la
plupart des Etats laissé à la seule initiative des citoyennes/citoyens. On note
par ailleurs que l’inscription automatique n’assure pas la participation au
scrutin, les plus jeunes étant en France les plus abstentionnistes. Certains
pays ont instauré le vote obligatoire qui pose d’autres problèmes comme la
contradiction avec l’option libérale et individualiste qui caractérise les
sociétés démocratiques. On évalue les non-inscrits à 2 ,9 millions auxquels il
faudrait ajouter 7,7 millions de personnes inscrites sur la liste électorale
d’une commune différente de leur lieu de résidence, ce qui peut, pour une
partie d’entre eux, entraîner leur non-participation et traduire une relation
distante au devoir électoral.[ https://www.insee.fr/fr/statistiques/7766966#onglet-2
].
•
Les débats sur l’âge de la majorité électorale et la privation des droits
politiques suite à une condamnation ou du fait d’une altération des capacités
cognitives sont des sujets qui illustrent l’importance du vote dans la société.
•
Enfin, l’abstention peut être analysée comme une forme paradoxale d’engagement
politique qui se traduit par le fait de refuser de participer pour traduire une
opposition politique au système représentatif ou sanctionner les défauts en
termes de diversité idéologique ou sociale. [https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/abstention-defaillancecitoyenne-ou-expression-democratique].
On note enfin le développement d’une abstention intermittente ou « à la carte »
selon le scrutin ou son enjeu. Ainsi en 2022, seuls 36,4 % des électeurs ont
participé aux deux tours des deux scrutins (présidentielle et législative)
alors que 16,3 % ne participaient à aucun d’entre eux.[ 4 https://www.vie-publique.fr/en-bref/287300-elections-2022-un-tiers-des-electeurs-vote-tous-les-tours
]. Le pourcentage de votants systématiques s’érode de façon tendancielle et
l’on note des différences selon l’âge (moindre systématicité de vote chez les
jeunes) et selon le niveau économique et social (les cadres et les diplômés
votent plus systématiquement). Pour les catégories les moins favorisées (niveau
d’études faible et/ou emplois peu qualifiés), les études mettent en avant une
abstention « hors jeu » [Jérôme Jaffré,
Anne Muxel « Chapitre 1. S'abstenir : hors du jeu ou dans le jeu politique ? »,
in Pierre Bréchon et al., Les cultures politiques des Français, Presses de
Sciences Po (P.F.N.S.P.) « Académique », 2000 (), p. 17-52.]. (Anne Muxel)
traduisant un sentiment d’incompétence ou d’exclusion du jeu démocratique.
S’il est indispensable
d’aborder la question du vote de façon analytique, il importe aussi d’établir
les liens qui existent entre les différents enjeux soulignés : le mode de
scrutin, le calendrier ou le contexte politique, le cadre général de la
citoyenneté… autant d’éléments formant un système complexe autour du vote et de
sa compréhension.
Diverses formes de
l’engagement politique : militantisme, engagement associatif ou consommation
engagée
En
lien direct avec le vote, la participation en tant que candidat à une élection
et a fortiori le fait d’être élu et d’assumer un mandat sont des formes connues
mais somme toute marginales (les élus représentent en France 1,2 % des inscrits
sur les listes électorales) de l’engagement politique. On verra dans la 3°
partie que le processus de sélection à l’œuvre dans le cadre d’une élection se
double de contraintes sociales qui réduisent la diversité des élus. Et
pourtant, comparée à d’autres pays, la France se caractérise par un nombre
important d’élus politiques (autour de 600 000), notamment du fait du grand
nombre de communes (près de 35 000) mais aussi en application des interdictions
de cumul de mandat. La moitié exerce un mandat (communal) de façon bénévole.
Une minorité seulement peut être considérée comme des « professionnels » de la
politique, percevant des indemnités et sans autre activité rémunératrice, mais
elle joue un rôle central dans l’animation de la vie politique, tant au plan
national que dans les collectivités locales. Elle s’appuie souvent sur un
réseau de militants, c’est-à-dire des individus engagés à des degrés divers
dans l’appui financier, matériel ou humain à une organisation, adhérents dans
un parti politique ou un syndicat.
La
vie associative est importante en France, s’appuyant sur la loi de 1901 qui
fonde la liberté d’association, (1,5 million d’associations actives, près de 13
millions de bénévoles) mais l’activité associative aux 2/3 reste concentrée sur
des activités de sport ou de loisirs [https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/version-html/5365639/ip1857.pdf
]. 15 % des associations ont un objet relevant directement de l’action
politique [https://www.associations.gouv.fr/IMG/pdf/chiffres-cles-vie-associative-2023.pdf]
. Il ne faut pas oublier les implications politiques d’associations
humanitaires : la Fondation Abbé Pierre sur la question du logement, le rôle
que joue dans le débat public les associations environnementalistes…. Leur
visibilité est importante, soutenue par des associations à forte notoriété
nationale ou internationale qui jouent un rôle majeur et de plus en plus
reconnu dans la vie politique. Les pouvoirs publics, à tous les niveaux,
composent avec ces acteurs majeurs sur des sujets sensibles : question
environnementale, pauvreté, mal logement, migration …
L’engagement associatif agrège des
démarches individuelles bénévoles dans des actions collectives, depuis le
simple adhérent jusqu’au responsable associatif, qui peuvent prendre en charge
de prestations (dans le domaine du sport ou de la culture, et même des services
publics comme l’aide à domicile ou el soutien scolaire. On constate aussi des
formes plus individuelles comme la consommation
engagée. Il s‘agit pour un individu de manifester de façon concrète des
choix de vie qui sont aussi des choix politiques et qui pèsent dans le débat
public quand ils sont faits par une proportion croissante de la population ;
achat de produits locaux ou certifiés « bio », issus du commerce équitable,
limitation de l’alimentation carnée, boycott d’une marque ou d’un pays,
pratique systématique d’éco-gestes…
Ces
démarches viennent souvent appuyer des modalités d’action collective classiques
: pétitions, participation à des manifestations… ou émergentes : extinction
d’enseignes publicitaires, manifestations festives regroupant des activités
culturelles et politiques…
Il
est de plus en plus délicat de distinguer action collective et action
individuelle, souvent adossées à des réseaux sociaux numériques qui les
initient et les agrègent.
De
la même façon, la caractérisation « politique » / « non-politique » perd de sa
pertinence jusqu’à considérer que tout est politique : consommer, pratiquer tel
ou tel sport, se déplacer avec un mode de transport plutôt qu’un autre…
Ces
« zones grises » concernent aussi la question de l’institutionnalisation des
actions (les pouvoirs publics créent des institutions pour faciliter -ou
canaliser les actions : débat public, procédure de consultation systématique
des associations concernées par un projet ...) qui est une évolution importante
depuis des décennies. Dans le même temps, on assiste à l’émergence d’actions
plus radicales (occupation non autorisée d’espaces publics ou privés - Zone à
Défendre-, recours à des comportements violents…)
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Objectif d’apprentissage 2 : Comprendre pourquoi, malgré le paradoxe de
l’action collective, les individus s’engagent (incitations sélectives,
rétributions symboliques, structure des opportunités politiques). |
La participation à
une action collective est le plus souvent non-rationnelle d’un point de vue
individuel et pourtant les mobilisations ont bien lieu : on parle alors de «
paradoxe »
L’action collective mobilise plusieurs
individus qui agissent de façon concertée ou pas dans un but partagé. Elle
profite le plus souvent bien au-delà du groupe et des individus qui le
composent et qui l’ont menée.
Pourtant,
on constate des participations fréquentes et impliquées de la part d’individus
qui n’en tireront aucun avantage concret supplémentaire et assumeront seuls le
coût de leur engagement : temps perdu, retenue sur salaire en cas de grève,
coût du déplacement sur le lieu de la manifestation ou du vote, risque pris en
manifestant ou en faisant grève …. En revanche, les individus qui ne se sont
pas joints à l’action bénéficieront des éventuelles retombées positives ;
augmentation de salaire, amélioration des conditions de travail, avancée
juridique…
Cette
situation qui échappe à l’analyse utilitariste (« je n’agis que si j’en tire un
intérêt personnel et exclusif »), compose le paradoxe de l’action collective. [Le paradoxe de l’action collective (Mancur
Olson, 1965) fait référence à une situation où un groupe de personnes ayant des
intérêts communs peut ne pas s’engager dans une action collective si chaque
individu a un comportement rationnel. L’individu rationnel ne va décider de
s’engager collectivement que si les gains de sa participation sont supérieurs
aux coûts. Or, tous les membres d’un groupe vont bénéficier des éventuelles
retombées positives de l’action collective, qu’ils aient participé ou non à la
mobilisation. Par exemple, si une grève permet d’aboutir à des revalorisations
salariales, cette avancée bénéficiera aussi aux salariés non-grévistes. En
revanche, la participation à une action collective engendre des coûts
individuels (perte de temps, retenue sur salaire en cas de grève, coût du
déplacement sur le lieu de la manifestation ou du vote, risque pris en
manifestant ou en faisant grève…). Le résultat de l’action collective étant
incertain, l’individu rationnel va choisir la stratégie la plus attractive,
celle qui consiste à laisser les autres agir et supporter les coûts de la
mobilisation, tout en bénéficiant de ses retombées éventuelles (stratégie du
passager clandestin » ou free-rider), et ne s’engagera donc pas dans l’action
collective. Cela rend toute mobilisation improbable car irrationnelle.]
Plusieurs motivations
dépassent la simple satisfaction d’un intérêt de court terme
Ce
paradoxe peut être dépassé car l’action collective produit notamment des
avantages individuels de différentes natures appréciés par les citoyens, par
les travailleurs, par les militants associatifs qui y participent.
Les
« incitations sélectives » sont
économiques ou financières
•
des avantages matériels attribués aux seuls participants à l’action collective
(manifestants, grévistes, etc.) : augmentation de salaire, amélioration des
conditions de travail, promotion …
•
différentes pénalités que subissent les individus qui n’y participent pas :
exclusion de certaines prestations, discrimination dans la carrière….
Elles
peuvent aussi être immatérielles et symboliques : reconnaissance publique,
intégration dans un ordre comme celui de la Légion d’Honneur.
En
ce sens, la notion renvoie à une forme d’utilitarisme mais s’en éloigne aussi
par la nature de ces avantages qui ne sont forcément directement liés à l’action
considérée. Tous les salariés bénéficient de la hausse des salaires mais seuls
les salariés syndiqués auront accès à des informations ou des services qui
améliorent leur parcours professionnel ou leur vie personnelle.
Les
individus non impliqués dans l’action collective sont exclus de fait des
sociabilités organisées par le groupe, ils ne sont pas prioritaires pour les
prestations du comité d’entreprise et ne bénéficient des différentes
manifestations de solidarité en cas de survenance de maladie ou d’aléa
familial.
L’action
collective associe d’ailleurs souvent à l’expression de revendications des
modalités festives et conviviales, qui sont des éléments constitutifs d’une
mémoire partagée. On note aussi que la participation à l’action collective ouvre
des portes pour des formations ou des postes à responsabilité dans le tissu
associatif ou professionnel.
Les
« rétributions symboliques » [« L'analyse du fonctionnement des
organisations politiques permet de mettre en évidence l'existence de rétributions
principalement symboliques. Outre les postes dans l'appareil d'Etat et les
responsabilités hiérarchiques internes, les partis fournissent en effet des
possibilités d'ascension et surtout d'intégration sociales à leurs adhérents ».
Daniel Gaxie, Economie des partis et rétributions du militantisme, Revue
française de science politique XXVII (I), février 1977, pp. 123-154.] sont
diverses : en s’engageant, on peut faire valoir des valeurs (solidarité,
courage) ou des capacités (de force, d’organisation, d’éloquence) qui
contribuent à l’estime de l’individu engagé dans l’action collective, à la
reconnaissance par ses pairs et même par l’adversaire, patron ou
administration, qui veilleront à valoriser ces qualités.
Ce
mécanisme joue aussi pour les acteurs souvent faiblement dotés en capital
social qui trouvent dans cet engagement un espace d’actions où ils sont
reconnus et valorisés alors qu’ils ont souvent un accès limité aux postes et
aux fonctions de responsabilité (voir III),
Enfin,
une partie de ces acteurs est engagée de façon idéaliste. L’altruisme et la
frugalité associés à cet engagement étant en soi une rétribution personnelle
d’autant plus importante qu’elle est en rupture radicale avec le modèle
dominant qu’ils considèrent comme caractérisé par l’appât du gain,
l’individualisme égoïste et l’obsession de la consommation.
On
peut ainsi observer des actions en faveur des sans-papier réalisées par des
individus insérés ou un militantisme en dehors de son groupe d’appartenance (un
homme dans un mouvement féministe) qui s’appuient sur l’obtention de
rétributions symboliques en termes éthiques : solidarité, altruisme…
Ces
rétributions symboliques sont principalement individuelles mais elles
n’existent pour l’acteur que par la valeur que ses pairs, et parfois même ses
adversaires, lui accordent.
La
dernière explication du paradoxe de
l’action collective réside dans la « structure des opportunités politiques
» que l’on pourrait résumer au contexte politique et juridique dans lequel
l’action se déroule. Pour simplifier à l’extrême, il n’y pas d’action
collective à l’encontre du pouvoir dans une dictature absolue.
Le
déploiement d’une action collective suppose un cadre juridique et des
institutions politiques susceptibles de les porter et de les réguler. Sans droit
de grève ou de manifester, sans dispositif pour en protéger l’exercice,
l’action collective est plus compliquée, plus risquée et par conséquent moins
probable.
L’attitude
de l’Etat, et notamment sa capacité à accompagner (la doctrine française en
termes de maintien de l’ordre a été mise en cause sur ce plan lors du mouvement
des Gilets jaunes) ou à réprimer les actions collectives (du massacre de la
place Tiananmen en Chine en 1989 à la répression systématique des oppositions
dans la Russie de V. Poutine actuellement), est aussi une condition majeure de
leur déploiement.
La
diversité des organisations politiques et syndicales, leur capacité à
institutionnaliser l’action engagée pour la traduire en décision légale sont
essentielles. Sans ces relais, l’action collective s’épuise, se disperse ou se
radicalise comme en témoignent certaines actions récentes dans le domaine
environnemental (affrontements et destructions autour des mégabassines ou du
chantier de l’A69).
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Objectif d’apprentissage 3 : Comprendre que l’engagement politique dépend
notamment de variables sociodémographiques (catégorie socioprofessionnelle,
diplôme, âge et génération, sexe). |
I. La catégorie socioprofessionnelle
On
note des corrélations fortes entre catégorie
socioprofessionnelle [Les CSP
permettent de classer les individus selon leur situation professionnelle en
tenant compte de plusieurs critères : métier proprement dit, activité
économique, qualification, position hiérarchique et statut www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1758
] des individus et leur engagement politique qui sont à la fois le résultat
du poids du niveau de formation mais aussi dans certains cas la conséquence de
l’histoire politique et sociale du groupe d’appartenance. Toutefois
aujourd’hui, les effets des différents facteurs d’évolution de la structure
productive (désindustrialisation, tertiairisation, individualisation,
déstructuration des cadres traditionnels u travail : lien, horaires, modalités…)
pèsent sur l’engagement des travailleurs concernés : moins de temps d’échanges,
disparition des activités syndicales ou associatives, désyndicalisation,
concurrence accrue entre les salariés …
Le
facteur explicatif le plus fort semble être non pas le métier exercé mais le
niveau de formation traduit par le diplôme. Ainsi dans un contexte global de
diminution de la participation aux élections (de l’ordre de - 10 points entre
les élections présidentielles de 2002 et 2022), le vote à tous les scrutins en
2022 concerne moins d’une électrice/un électeur sur trois pour les
citoyennes/citoyens sans diplôme contre la moitié des personnes diplômées de
l’enseignement supérieur. Pour les deux tours de l’élection présidentielle de
2022, les citoyennes/citoyens sans diplôme ont beaucoup moins voté que les
citoyens diplômés de l’enseignement supérieur (un sur trois contre un sur
deux).
Ce
constat se retrouve dans le militantisme syndical et politique mais aussi
associatif qui se caractérise par une proportion de plus en plus importante de
PCS+, les organisations, surtout politiques, ayant abandonné les actions de
formation qui permettaient dans les années soixante de pallier le capital
scolaire moins abondant des ouvriers et des employés par l’accès à un capital «
militant ». Composé de savoirs et savoir-faire qui pouvaient être mobilisés
dans l’action syndicale, politique ou associative, ce capital militant jouait
aussi un rôle dans la promotion sociale et professionnelle des militants ainsi
dotés.
Le niveau de diplôme
Le
diplôme sanctionne le parcours de
formation initiale, parfois complété par la formation continue. Il influe sur
l’engagement politique à la fois en raison des débouchés professionnels qu’il
permet mais aussi parce qu’il traduit la détention d’un capital social qui
légitime l’engagement chez ses détenteurs.
Des
comportements de retrait de la participation politique [Cécile Braconnier et Jean-Yves Dormagen, La démocratie de
l'abstention, Paris, Folio Gallimard, 2007] affectent les populations les
moins diplômées. Ce retrait se traduit souvent par un taux d’abstention plus
élevé mais il se retrouve dans l’ensemble du spectre de l’engagement politique,
en commençant par la simple manifestation d’intérêt pour la chose publique :
moindre intérêt pour les débats, faible adhésion aux partis, présente réduite
parmi les candidats, même au niveau local…
Les
causes de ce retrait conjuguent à la fois
•
un sentiment d’incompétence (« ce n’est pas pour moi » « je n’ai pas le niveau
»)
•
un sentiment dégradé d’appartenance à la collectivité politique, locale ou
nationale dont ces citoyens se sentent exclus du fait :
o des préoccupations qu’elle priorise (se préoccuper
des enjeux à long terme – le climat et la « fin du monde »- peut devenir
secondaire quand le quotidien est difficile « fin du mois »)
o des moyens utilisés pour les exprimer (maîtrise des
codes d’expression, modalités pratiques : la « consommation engagée » n’est pas
économiquement accessible à tous).
Les effets d’âge et
de génération
L’âge est une variable importante de
l’engagement politique. Pour le vote, les données les plus récentes confirment
les tendances séculaires : les jeunes votent moins que les plus âgés mais la
fin de vie entraîne des situations d’impossibilité pratique et d’incapacité
juridique qui éloignent certains séniors de l’isoloir.
Une
analyse plus fine met en évidence la diminution continue de la participation y
compris quand elle est intermittente :
•
la participation des plus jeunes est moindre que celles des plus âgés (effet d’âge)
•
on constate aussi une diminution de la participation pour tous les âges au fil
du temps (effet de génération). Des
explications à cette double évolution :
•
les plus jeunes sont limités dans l’accès aux postes de responsabilité par les
plus vieux (effet d’âge) et se sentent exclus du monde politique
•
une tendance à l’individualisation voire de rejet de l’action publique, qui
affectent toutes les classes d’âge (effet de génération)
On
peut élargir ce constat sur la diminution de la participation électorale à
l’audience des émissions politiques radiodiffusée ou télévisée même si
l’émergence de nouveaux canaux numériques compense en partie cette tendance.
L’appartenance
syndicale est elle aussi en déclin marqué (30 % en 1949, 10 % en 2021) alors
que la participation aux mouvements sociaux varie selon l’enjeu. Des
manifestations et des grèves majeures interviennent encore malgré la moindre
implication dans les syndicats. En revanche, on trouvera des formes
d’engagement ou de participation politique qui sans être massives connaissent
d’importants succès médiatiques et dans lesquelles les jeunes jouent un rôle
plus important (et plus médiatisé) que sur d’autres enjeux : les marches pour
l’égalité, pour le climat…. qui contribuent à faire évoluer les objets et les
modalités de l’action collective. On va trouver aussi des jeunes très engagés
dans des formes protestataires radicales. La jeunesse n’est un ensemble
homogène, notamment en termes d’engagement politique et qu’il faut se méfier
des effets de loupe médiatique [A rebours
des représentations les plus courantes, les chercheurs Maxime Gaborit et Yan Le
Lann relativisent l’effet génération dans les mobilisations environnementales. https://www.liberation.fr/debats/2020/03/12/lemouvement-pour-le-climat-est-moins-generationnel-que-social_1781475/
] .
Le genre, identité
sexuelle socialement reconnue
Le
vote présente moins de différences notables selon le genre que dans les années
soixante. L’abstention, la participation intermittente ou suivie, l’orientation
politique des votes émis sont plus difficilement rattachés à un genre.
D’autres
modalités de l’engagement conservent en revanche des marques genrées plus
visibles : la parité on l’a vu n’est pas réalisée partout et quand elle l’est,
elle ne suffit pas à accorder autant de postes de décision aux femmes qu’aux
hommes. A titre d’exemple, les conseils départementaux sont strictement
paritaires (chaque canton est représenté par un homme et une femme) mais moins
de 20 % sont présidés par une femme ; les Premières ministres restent très
minoritaires ; en 2023, 26,3 % des sénateurs sont des femmes et 37,8 % des
députés sont des femmes.
Si
la diversification des citoyens détenteurs d’un mandat est un enjeu majeur dans
une démocratie, le chemin est encore long. Alors que plusieurs lois (dont celle
de 2014) ont agi en faveur de la parité homme femme, on constate qu’elle n’est pas
encore réalisée. On note toutefois que trois centrales syndicales de 1° rang
sont aujourd’hui dirigées par des femmes, dont le taux de syndicalisation est
inférieur à celui des hommes
Dans
les formes moins-institutionnelles, en dehors des enjeux féminins, la
répartition homme/femme est assez équilibrée pour autant que l’on puisse
l’apprécier correctement.
Les
différences d’engagement en fonction du genre peuvent s’expliquer par deux
types de cause :
•
le moindre engagement dans la sphère publique des femmes renvoie à des causes
extérieures au seul champ politique : la plus forte implication, voire
l’assignation, des femmes dans les tâches domestiques.
•
l’organisation des structures ou des actions militantes relèguent fréquemment
les femmes à des tâches d’appui ou à des missions qui restent majoritairement
invisibles.
|
Objectif d’apprentissage 4 : Comprendre la diversité et les transformations
des objets de l’action collective (conflits du travail, nouveaux enjeux de
mobilisation, luttes minoritaires), des acteurs (partis politiques,
syndicats, associations, groupements) et de leurs répertoires. |
Diversification et
transformation des objets de l’action collective
Une action collective est le
cadre dans lequel un groupe poursuit les objectifs partagés par ses membres.
On entend par objet le thème ou la préoccupation porté par l’action collective :
• conditions de travail et de rémunération
• opposition à un projet économique
• revendications sociétales ou communautaires,
• questions environnementales.
• …
La
diversification des enjeux de
mobilisation que l’on constate tient à plusieurs causes.
•
La satisfaction, certes toujours relative, des revendications matérielles
(salaires et conditions de travail) qui caractérisaient les conflits jusqu’aux
années 1960 explique l’évolution vers d’autres enjeux, dans le champ économique
(précarité, égalité homme femme…) mais surtout en dehors du cadre productif :
qualité de vie (pollution, protection des patrimoines, écologie),
reconnaissance d’identités (féminisme, régionalisme, homosexualité, minorités
ethniques ou religieuses).
•
On note aussi l’émergence des mouvements découlant d’une critique théorique
(altermondialisme) ou pratique (mouvements des « sans » : sans-papier, sans
domicile, lutte contre la précarité) du système capitaliste libéral et des
insuffisances supposées de l’Etat providence.
•
La dimension générationnelle a pu aussi jouer, les enfants se démarquant de
leurs parents par des nouvelles préoccupations d’autant plus facilement
détachées des contingences sociales que ces dernières s’étaient améliorées. De
même, l’élévation du niveau d’éducation concourt à ces évolutions en facilitant
la revendication et la légitimation d’enjeux nouveaux renvoyant à d’autres
préoccupations d’ordre immatériel : environnement, culture, identités
minoritaires...
•
La structure même des organisations traditionnelles, marquées par leur
institutionnalisation, a pu être à l’origine des évolutions constatées, en
provoquant l’orientation des actions vers des organisations plus flexibles dans
leur composition, non pérennes et souvent centrées sur des enjeux plus
restreints.
En
résumé, les objets-enjeux de l’action collective s’enrichissent avec
l’adjonction de nouvelles préoccupations
Diversification des
acteurs
Les
partis politiques, et dans une moindre mesure les syndicats, connaissent une
diminution très sensible de leurs effectifs et de leur crédit dans l’opinion
publique.
Au
contraire, de nouveaux acteurs s’affirment sous forme de groupements de
citoyens, organisés de façon souple et décentralisée, en vue de défendre une
cause ou une idéologie comme les coordinations (ex : des coordinations
d’infirmières en 1988 ; coordination des intermittents, ZAD, Nuit debout…) qui
peuvent parfois se transformer en association, à dimension locale, pour la
défense d’un espace naturel ou d’un élément du patrimoine, nationale comme les
associations de victimes du terrorisme ou des accidents de la route, voire en
organisation non gouvernementale à vocation internationale (Médecins sans
frontières).
De
la lutte des paysans du Larzac dans les années 1970 aux différents collectifs
qui structurent des actions locales en passant par les Restos du cœur à partir
de 1984 ou la coordination des infirmières en 1986, sans oublier les actions coordonnées
par des ONG, l’action collective a trouvé de nouveaux acteurs dont les buts et
les modalités d’action varient :
•
suppléer une action publique considérée comme défaillante (dans l’aide
humanitaire, dans la défense de l’environnement ou des droits humains.)
•
contester l’action des Etats (Greenpeace, Amnesty international) • participer
aux dispositifs institutionnels (les COP, les commissions créées à l’ONU ou
dans l’Union européenne).
Les
actrices/acteurs historiques (partis politiques, syndicats, associations) et
plus récents (groupements, collectifs…) se concurrencent et se complètent à la
fois en fonction des enjeux et des contextes.
Transformation des
répertoires de l’action politique
L’action
politique passe par le recours à différents moyens dont disposent les individus
pour participer à la vie politique de leur société. On parle alors de répertoires [TILLY Charles (1986), La France conteste : de 1600 à nos jours].
Grève,
manifestation, blocage d’usine, … sont les formes traditionnelles du
militantisme politique ou syndical.
On
note une baisse tendancielle mais modeste du recours à la grève dans le secteur
privé mais qui est « compensée » par l’augmentation dans le secteur public et
les grandes entreprises de transport et de services. La plus forte
conflictualité dans ces secteurs où les salariés sont moins exposés est
présentée par certains comme une solidarité des travailleurs où les mieux
protégés agissent par procuration pour les plus précaires.
Pétitions,
occupation de lieux publics ou privés (temporaire sur les rond-points par les
Gilets jaunes, plus durables avec les Zones à défendre), boycottage
d’entreprises ou d’Etat, manifestations associant regroupement public et
spectacles… ont pris une part plus importante ces dernières années même si
elles existaient sous des formes adaptées depuis longtemps.
Ce
qui semble caractériser les actions les plus récentes est la médiatisation
croissante, renforcée par le développement des réseaux sociaux numériques qui
servent à la fois de relais et d’amplificateur aux revendications. La
banalisation et la moindre écoute que rencontrent es mouvements plus
traditionnels (grève et manifestation) s’ajoutent à la marginalisation que
subissent les groupes intermédiaires (notamment les syndicats notamment dont la
fonction de représentation et de défense des travailleurs est contestée du fait
du faible taux de syndicalisation français) de la part des pouvoirs publics.
Elles renforcent paradoxalement des modalités plus spectaculaires, y compris
dans le recours à la violence dont des groupes radicaux font usage de façon
assumée (les « black blocks » par exemple).
On note enfin une judiciarisation de l’action publique, en complément des modes décrits plus hauts, avec le recours plus fréquent aux juridictions nationales mais aussi européennes.
Sujets – Epreuve composée - Partie 3
Raisonnement s’appuyant sur dossier documentaire
Sujet 1
A l’aide de vos
connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l’engagement
politique peut prendre des formes variées.
Sujet 2
A l’aide de vos
connaissances et du dossier documentaire, vous expliquerez pourquoi, malgré le
paradoxe de l’action collective, certains individus s’engagent.
Sujet 3
A l’aide de vos
connaissances et du dossier documentaire, vous expliquerez pourquoi les
individus s’engagent en politique.
Sujet 4
A l’aide de vos
connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez la diversité des
objets de l’action collective.
Sujets BAC 2020 à 2025 de la spécialité SES
(Sciences Economiques et Sociales) en
Terminale de la voie générale - Liens pour les sujets BAC SES (Sciences
Economiques et Sociales)
Sujet bac
ses engagement politique
http://www.ses.ac-versailles.fr/prgs_2019/bac/sujets_term/sujets_term.html
Sujets BAC 2024 de la spécialité SES (Sciences Economiques et Sociales) en Terminale de la
voie générale - Liens pour les sujets BAC SES (Sciences Economiques et
Sociales)
Spécialité
SES (Amérique du Nord 1) - Bac 2024
Filière du bac : Voie générale
Epreuve : Spécialité -
Sciences Economiques et Sociales (SES)
Niveau d'études : Terminale
Année : 2024
Session : Normale
Centre d'examen : Amérique
du Nord 1
Date de l'épreuve : 21 mai
2024
Durée de l'épreuve : 4
heures
Calculatrice : Interdite
Spécialité
SES (Amérique du Nord 1) - Bac 2024 - SUJET
Spécialité
SES (Amérique du Nord 2) - Bac 2024
Filière du bac : Voie générale
Epreuve : Spécialité -
Sciences Economiques et Sociales (SES)
Niveau d'études : Terminale
Année : 2024
Session : Normale
Centre d'examen : Amérique
du Nord 2
Date de l'épreuve : 22 mai
2024
Durée de l'épreuve : 4
heures
Calculatrice : Interdite
Spécialité
SES (Amérique du Nord 2) - Bac 2024 - SUJET
Spécialité
SES (Centres Etrangers Afrique 1) - Bac 2024
Filière du bac : Voie générale
Epreuve : Spécialité -
Sciences Economiques et Sociales (SES)
Niveau d'études : Terminale
Année : 2024
Session : Normale
Centre d'examen : Centres
Etrangers Afrique 1
Date de l'épreuve : 5 juin
2024
Durée de l'épreuve : 4
heures
Calculatrice : Interdite
Spécialité
SES (Centres Etrangers Afrique 1) - Bac 2024 - SUJET
Spécialité
SES (Centres Etrangers Afrique 2) - Bac 2024
Filière du bac : Voie générale
Epreuve : Spécialité -
Sciences Economiques et Sociales (SES)
Niveau d'études : Terminale
Année : 2024
Session : Normale
Centre d'examen : Centres
Etrangers Afrique 2
Date de l'épreuve : 6 juin
2024
Durée de l'épreuve : 4
heures
Calculatrice : Interdite
Spécialité
SES (Centres Etrangers Afrique 2) - Bac 2024 - SUJET
Spécialité
SES (Asie 1) - Bac 2024
Filière du bac : Voie générale
Epreuve : Spécialité -
Sciences Economiques et Sociales (SES)
Niveau d'études : Terminale
Année : 2024
Session : Normale
Centre d'examen : Asie 1
Date de l'épreuve : 10 juin
2024
Durée de l'épreuve : 4
heures
Calculatrice : Interdite
Spécialité
SES (Asie 1) - Bac 2024 - SUJET
Spécialité
SES (Asie 2) - Bac 2024
Filière du bac : Voie générale
Epreuve : Spécialité -
Sciences Economiques et Sociales (SES)
Niveau d'études : Terminale
Année : 2024
Session : Normale
Centre d'examen : Asie 2
Date de l'épreuve : 11 juin
2024
Durée de l'épreuve : 4
heures
Calculatrice : Interdite
Spécialité
SES (Asie 2) - Bac 2024 - SUJET
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