REGARDS
CROISES
Chapitre
12 : Quelle action publique pour l’environnement ?
Cours de Sciences Economiques et Sociales (SES) – Regards
croisés nouveau BAC 2021 (SES,STMG, BTS, BUT tertiaire, Licence de gestion, Ecoles
supérieures de Commerce et de Management, Master, chef d’Entreprise,
Entrepreneur, gestion des administrations, gestion des associations, Formation
professionnelle...) avec www.SuperProfesseur.com,
www.SuperProfesseur.fr et l’application mobile de Super Professeur, https://www.instagram.com/superprofesseur © Ronald Tintin, Ronning Against Cancer
Objectifs d’apprentissage
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Quelles sont les notions que je dois connaître (comprendre,
maîtriser) ? |
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Liens avec d’autres chapitres
Le chapitre 12 «Quelle
action publique pour l’environnement ?» traite du deuxième
questionnement de la partie « Regards croisés » du programme de Sciences
Economiques et Sociales (SES) enseignement de spécialité des classes de terminale de la voie
générale.
Certaines des
questions traitées dans ce chapitre 12 «Quelle action publique pour
l’environnement ?» nécessitent de remobiliser des objectifs
d’apprentissage évoqués dans le premier chapitre « Quels sont les sources et les défis de la croissance économique
? »:
Comprendre
comment les institutions (notamment les droits de propriété) influent sur la
croissance en affectant l’incitation à investir et innover;
Comprendre
qu’une croissance économique soutenable se heurte à des limites écologiques
(notamment l’épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement
climatique) et que l’innovation peut aider à reculer ces limites.
Plan du cours
I. Quels sont les acteurs qui participent à la construction des questions
environnementales comme problème public ?
A. L’environnement :
un problème public, mis à l’agenda politique
B.
La diversité des acteurs des
questions environnementales
C.
Des relations de coopération et
de conflit entre les acteurs
II. À quels
niveaux l’action publique pour l’environnement est-elle menée ?
A.
L’action publique pour
l’environnement à l’échelle mondiale
B.
L’action publique pour
l’environnement aux échelons européen, national et local
III. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils
lutter contre le changement climatique
A. Les instruments de la politique climatique
B. Les avantages et les limites des instruments de
la politique climatique
C. Les dysfonctionnements de l’action publique pour
l’environnement
D. Une action publique sous contraintes
Introduction
L’action
publique pour l’environnement s’est construite progressivement grâce à
l’interaction de différents acteurs. Elle utilise des instruments plus ou moins
efficaces et se heurte à des contraintes fortes.
I. Quels sont les
acteurs qui participent à la construction des questions environnementales comme
problème public ?
A.
L’environnement : un
problème public, mis à l’agenda politique
Pour que les questions environnementales deviennent un problème public, pour que ce problème public soit mis à l’agenda politique, et pour que l’action publique soit effective, il faut :
identifier
et médiatiser le problème,
justifier
de sa gravité,
désigner
les responsables,
exprimer
des revendications,
et
mener une politique publique.
B.
La
diversité des acteurs des questions environnementales
Les acteurs qui font émerger les questions
environnementales comme problème public sont des entrepreneurs de cause (ONG,
mouvements de citoyens). Ils mobilisent diverses ressources (accès aux médias,
appuis politiques, travaux scientifiques) pour faire exister le problème dans
le débat public.
C.
Des
relations de coopération et de conflit entre les acteurs
La définition des problèmes environnementaux et les solutions à y apporter provoquent des conflits entre groupes aux intérêts divergents.
II. À quels niveaux l’action publique
pour l’environnement est-elle menée ?
A.
L’action
publique pour l’environnement à l’échelle mondiale
Le changement climatique a des effets
environnementaux, économiques et sociaux qui affectent l’ensemble des Etats et
des populations : l’action publique doit être menée à l’échelle mondiale.
Les négociations et accords internationaux ont pour principal objectif d’atténuer le
changement climatique : l’Accord de Paris de 2015 vise à limiter la hausse
du réchauffement à 2°, voire 1,5°, d’ici 2100.
B.
L’action
publique pour l’environnement aux échelons européen, national et local
On distingue deux types d’articulations entre
ces différents échelons : du haut vers le bas lorsque
les décisions des accords internationaux sont mises en œuvre aux niveaux
européen et nationaux ; du bas vers le haut
lorsque les Etats et/ou l’Union européenne font des propositions qui mènent à
des accords internationaux (Accord de Paris, 2015). Les Etats signataires
mènent des politiques environnementales pour se conformer aux accords européens
ou mondiaux : ces actions ont des effets positifs, mais doivent être
souvent intensifiées.
L’action publique locale est encouragée par
l’ONU en raison de son efficacité dans des domaines comme l’urbanisation, les
transports, les déchets. Les différents niveaux de l’action publique, mondial,
européen, national et local, sont complémentaires.
III. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils
lutter contre le changement climatique
A. Les instruments de la politique
climatique
Les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES)
constituent des externalités
négatives : les décisions des agents économiques ne tiennent pas compte
des coûts qu’ils font supporter à la société. Les pouvoirs publics disposent
d’instruments règlementaires et économiques pour modifier le comportement des
agents.
Les Gaz à Effet de Serre (GES) sont des gaz qui absorbent une partie des
rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations au sein de
l'atmosphère terrestre, phénomène appelé effet de serre.
Plus d’une quarantaine de gaz à effet de serre ont été recensés par le
Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) parmi
lesquels figurent : la Vapeur d'eau (H2O), le Dioxyde de carbone (CO2), le
Méthane (CH4), l'Ozone (O3), le Protoxyde d'azote (N2O), l'Hydrofluorocarbures
(HFC), le Perfluorocarbures (PFC) et l'Hexafluorure de soufre (SF6).
Le dioxyde de carbone est principalement issu de la combustion des
énergies fossiles (pétrole, charbon) et de la biomasse.
Le protoxyde d’azote (N2O) provient des activités agricoles, de la
combustion de la biomasse et des produits chimiques comme l’acide nitrique.
Le méthane (CH4) est essentiellement généré par
l’agriculture (rizières, élevages). Une partie des émissions provient de la
production et de la distribution de gaz et de pétrole, de l’extraction du
charbon, de leur combustion et des décharges.
Les gaz fluorés (HFC, PFC, SF6) sont utilisés
dans les systèmes de réfrigération et employés dans les aérosols et les mousses
isolantes. Les PFC et le SF6 sont utilisés dans l’industrie des
semi-conducteurs. Les gaz fluorés ont un pouvoir de réchauffement 1 300 à 24
000 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone et une très longue durée de
vie. C’est pourquoi ils représentent un réel danger malgré la modeste part
qu’ils représentent dans les émissions totales de GES.
Afin de limiter
l'accentuation de l'effet de serre et la hausse des températures à la surface
de la planète, des politiques de réduction ou de limitation d'émissions de
certains GES ont été mises en place par de nombreux
pays dont la France notamment dans le cadre du protocole de Kyoto.
La réglementation consiste à imposer des normes contraignantes aux
agents pollueurs. Elle agit par les quantités. Les instruments économiques
donnent un prix à la pollution et permettent d’internaliser les
externalités : la taxation
fait supporter un coût pour chaque unité de pollution émise ; sur le marché de quotas d’émission se
fixe un prix du quota d’émission. Ces deux instruments sont incitatifs, mais la
taxation agit par les prix alors que le marché de quotas d’émission agit
d’abord par les quantités (définition d’un montant de quotas répartis entre les
entreprises), puis par les prix (ce qui incite les entreprises à modifier leur
comportement). La subvention à l’innovation verte est complémentaire des autres instruments en
encourageant les externalités positives sur l’environnement.
B. Les avantages et les limites des
instruments de la politique climatique
Les instruments règlementaires et économiques
présentent chacun des avantages et des limites. Les normes permettent de
prévenir rapidement les risques dangereux ou irréversibles, mais sont peu
efficaces économiquement.
La taxation est efficace pour les pollutions
diffuses et génère des recettes fiscales qui peuvent être affectées aux
innovations vertes, mais ne garantit pas d’atteindre un plafond d’émissions.
Les marchés de quotas sont adaptés aux gros pollueurs et aisés à mettre en
œuvre au niveau international, mais le signal-prix du quota n’est pas assez
incitatif.
C. Les dysfonctionnements de l’action
publique pour l’environnement
La régulation des problèmes environnementaux est peu efficace en l’absence d’organisation mondiale.
Au niveau national, l’action publique pour l’environnement se heurte à des problèmes d’ineffectivité (non mise en application), d’inefficacité (effets limités) et d’inefficience (coûts élevés).
Les politiques publiques peuvent avoir des effets contradictoires sur le changement climatique.
D. Une action publique sous contraintes
La qualité de l’air est un bien commun : non excluable, elle est devenue un bien rival car les activités de certains agents dégradent la qualité de l’air. En présence d’un tel bien commun, certains Etats adoptent des stratégies de passager clandestin : ils refusent de signer des accords luttant contre le réchauffement climatique pour éviter d’en supporter les coûts.
Les inégalités de développement font peser des contraintes sur les négociations car contraindre les pays en développement aux mêmes efforts que les pays développés serait coûteux en termes de croissance et de développement.
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