Sciences
Economiques et Sociales (SES) – SOCIOLOGIE ET SCIENCE POLITIQUE
Chapitre 9 : Comment
se forme et s’exprime l’opinion publique ?
Cours de Sciences Economiques et Sociales (SES) –
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Economiques et Sociales (SES) – SOCIOLOGIE ET SCIENCE POLITIQUE
Synthèse - L’épopée
de l’opinion publique : Comment la voix du peuple a transformé la démocratie
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L’épopée de l’opinion publique : Comment
la voix du peuple a transformé la démocratie
1. Introduction :
Qu'est-ce que l'opinion publique ?
Pour bien
débuter notre exploration, il est essentiel de définir les termes avec la
précision d'une experte/d’un expert en Sciences Economiques et Sociales (SES).
Selon notre glossaire, l’opinion est un avis, une impression ou une
croyance individuelle. Le public, quant à lui, désigne ce qui
concerne le peuple : il s'oppose au domaine privé, n'est pas secret et est
connu de tous.
L’émergence
de l'opinion publique — cet état d'esprit collectif à un moment
donné — est un phénomène indissociable de l'avènement de la démocratie.
Elle est le moteur qui permet de passer d'une simple croyance individuelle à
une force politique capable d'influencer le sommet de l'État.
L’opinion
publique n'a pas toujours été "l'affaire de tous". À l'origine, elle
était le monopole exclusif d'une petite catégorie de personnes dites «
éclairées » (l'élite sociale). Ce n'est qu'avec le temps et les luttes
démocratiques qu'elle est devenue celle du plus grand nombre, transformant
radicalement notre façon de vivre la politique !
Transition : Pour comprendre l'influence actuelle des réseaux sociaux et des
sondages, il nous faut remonter au temps où l'opinion n'était discutée que dans
les salons feutrés de la bourgeoisie.
2. La trajectoire
historique : Les trois âges de l'opinion
L'opinion
publique est une construction sociale qui a traversé trois phases majeures.
Voici une synthèse visuelle pour mémoriser cette métamorphose.
|
Phase |
L’âge de l'opinion éclairée (XVIIIe s.) |
L’âge de l'opinion criée (XIXe s.) |
L’âge de l'opinion sondée (XXe-XXIe s.) |
|
Public
concerné |
Une élite
instruite (bourgeoisie, philosophes). |
Le peuple,
la masse des citoyens. |
L'ensemble
de la population (échantillon statistique). |
|
Lieux
d'expression |
Salons
littéraires, clubs, cafés, "tribunal de la raison". |
La rue
(manifestations), la presse de masse, pétitions. |
Instituts
de sondage, médias, réseaux sociaux. |
|
Rapport au
pouvoir |
S'oppose à
l'absolutisme par la raison et la critique. |
S'exprime
par le vote (suffrage universel dès 1848) et la contestation. |
Influence
les décisions en temps réel (baromètres de popularité). |
🚀 Insight
"So What ?" : Pourquoi ce basculement ?
Le passage
de l'élite au plus grand nombre a été rendu possible par deux moteurs
sociologiques puissants :
- L'école pour tous : La scolarisation obligatoire a permis au
plus grand nombre de maîtriser l'écrit et de se forger un jugement
critique autonome.
- La presse libre : L'essor des médias a offert un canal de
diffusion massif aux idées, transformant l'opinion en une ressource
stratégique indispensable pour conquérir et conserver le pouvoir.
Transition : Mais comment être certain que l’opinion « criée » dans la rue
représente la majorité silencieuse ? Pour passer de l'impression à la mesure,
il a fallu inventer un outil scientifique : le sondage.
3. Les coulisses du
sondage : Fabriquer une image de l'opinion
Avant la
précision statistique actuelle, les journaux américains utilisaient les "votes
de paille" (straw polls) au XIXe siècle. Ces consultations
rudimentaires reposaient sur des volontaires (souvent des lecteurs du journal),
ce qui créait des échantillons non représentatifs.
Le véritable
tournant scientifique a lieu en 1965 en France. Lors de la première
élection présidentielle au suffrage universel direct, les journalistes
prédisent une victoire écrasante du Général Charles de Gaulle. Pourtant, les premiers
sondages annoncent une mise en ballottage (un second tour nécessaire). Les
sondages ont eu raison contre l'intuition des experts de l'époque, marquant
l'entrée dans l'ère de la mesure scientifique.
Les 3 étapes de réalisation
- Constitution de l’échantillon : On choisit un groupe réduit qui doit être
une image fidèle de la population totale.
- Formulation des questions : Elles doivent être neutres. Une formulation
négative ou orientée peut fausser les résultats pour satisfaire un client.
- Analyse et interprétation : On traite les données en intégrant les
"sans-réponse" et les marges d'erreur (intervalles
de confiance).
Deux méthodes de sélection
- La méthode des quotas (la plus
fréquente) : On construit une
"miniature de la société" en respectant des variables
socio-démographiques précises (sexe, âge, profession ou CSP,
région). C’est la méthode privilégiée en France car elle est plus rapide
et moins coûteuse.
- La méthode aléatoire : On tire au sort des individus à partir
d'une base de données exhaustive. C'est la plus rigoureuse
scientifiquement, mais elle est complexe et chère à mettre en œuvre.
Transition : Si la technique semble infaillible, elle fait pourtant l'objet de
critiques sociologiques fondamentales qui remettent en cause la réalité même de
ce que l'on mesure.
4. Le débat critique :
L'opinion existe-t-elle vraiment ?
Le
sociologue Pierre Bourdieu a provoqué un séisme avec sa célèbre conférence
: "L'opinion publique n'existe pas". Pour lui, le sondage
est un "artefact", une construction artificielle qui masque la
réalité des rapports sociaux.
⚠️ Points
d'attention (Les limites de Pierre Bourdieu)
- 🚫 Tout le monde n'a pas une opinion : Les
sondages postulent que tout le monde peut répondre à tout. Or, beaucoup
n'ont pas la compétence politique ou l'intérêt pour le sujet. Ignorer les
"sans-réponse" est une erreur sociologique.
- ⚖️ Toutes les opinions ne se valent pas : Le
sondage additionne mathématiquement des avis individuels. Pourtant,
l'opinion d'une minorité active et mobilisée a souvent plus de force
réelle dans la société que celle d'une citoyenne indifférente/d’un citoyen
indifférent.
- 🎤 L'imposition de la problématique : C'est
le point le plus crucial. Ce sont les instituts ou leurs clients qui
choisissent les questions. On impose ainsi aux citoyens des préoccupations
qui ne sont pas les leurs, créant un faux consensus sur
ce qui est jugé "important" dans le débat.
Transition : Malgré ces critiques, l'opinion sondée est devenue une réalité
politique incontournable qui modifie profondément l'exercice du pouvoir.
5. L'impact sur la vie
politique : Vers une "Démocratie d'opinion"
Avec plus
de 500 sondages d'intentions de vote par an, la France est l'un des pays
qui consomme le plus ces outils au monde. Ce recours massif fait glisser notre
système d'une démocratie représentative (le pouvoir aux élus
pour la durée d'un mandat) vers une démocratie d'opinion (influence
permanente de l'opinion sondée sur l'action politique).
Les trois impacts clés
:
·
Le contrôle des
gouvernants : Les élues/élus
agissent sous le regard constant des baromètres. Cela favorise la réactivité
(ex: la mise à l'agenda de l'euthanasie en 2024 face à une opinion favorable),
mais peut aussi paralyser des réformes nécessaires par peur de l'impopularité.
·
La sélection des
candidats : Les sondages
servent d'outil de légitimité. On choisit souvent le candidat "mieux
placé" dans les intentions de vote (phénomène du vote utile)
plutôt que celui qui porte les idées les plus proches des nôtres.
·
La communication
politique : Pour séduire une opinion
perçue comme versatile, on passe du débat de fond au storytelling.
La personnalisation du débat et le marketing politique prennent le pas sur les
programmes.
🚀 Insight "So What ?" :
Le paradoxe du temps
Les sondages
permettent une expression continue, mais ils imposent un temps court (l'immédiateté,
l'émotion d'un fait divers ou d'une marée noire) au détriment du temps
long (la construction de projets de société et l'intérêt général).
6. Synthèse finale (L’essentiel à retenir)
- L'opinion publique est une construction
historique née avec la démocratie,
passant de l'élite (XVIIIe) au plus grand nombre (XXe).
- Le sondage est l'outil moderne de mesure, né des "votes de paille" et s'étant
imposé par sa précision scientifique (ex: élection de 1965).
- La représentativité repose sur la méthode des
quotas (variables
socio-démographiques : sexe, âge, CSP) ou la méthode aléatoire.
- Pierre Bourdieu dénonce une illusion, car les sondages imposent des questions aux
citoyens et créent un faux consensus artificiel.
- La démocratie d'opinion transforme la vie politique en privilégiant
la communication, l'image et la réaction immédiate aux chiffres.
Bravo ! En maîtrisant ces mécanismes,
vous ne lirez plus jamais un sondage de la même manière. Vous voilà désormais une
citoyenne éclairée/ un citoyen éclairé, capable de distinguer l'écume des
chiffres de la profondeur des enjeux politiques. Continuez vos efforts, le
succès est au bout du chemin !
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Economiques et Sociales (SES) – SOCIOLOGIE ET SCIENCE POLITIQUE
Guide méthodologique : Fiabilité des sondages et
contrôle des biais statistiques
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Guide méthodologique : Fiabilité des
sondages et contrôle des biais statistiques
1. Introduction : La
science de l'opinion dans l'écosystème décisionnel
Dans la perspective des sciences comportementales, le sondage n'est pas une
simple photographie passive de la réalité, mais un pilier stratégique de la «
démocratie d'opinion ». Pour comprendre cet outil, l'expert doit l'inscrire
dans sa trajectoire historique, passant de l'opinion « éclairée » du
XVIIIe siècle (monopole des élites dans les salons) à l'opinion « criée
» du XIXe siècle (manifestations et presse de masse), pour aboutir à
l'opinion « sondée » du XXe siècle. Cette évolution marque
l'avènement d'une force symbolique majeure où la rigueur méthodologique
constitue le seul rempart contre les erreurs de pilotage politique ou
commercial. La validité d'une donnée dépend moins du chiffre final que de
l'intégrité du processus de capture, car en ingénierie sociale, si les acteurs
définissent une situation comme réelle, elle devient réelle dans ses
conséquences.
Glossaire stratégique
·
Opinion : Avis, impression ou croyance individuelle
exprimée par un sujet, résultant d'une interaction complexe entre médias et
socialisation.
·
Public : Ce qui concerne le peuple, par opposition au
domaine privé ; espace de connaissance partagée et non secrète.
·
Sondage : Enquête statistique visant à fournir une
indication quantitative, à une date précise, des attitudes d'une population via
l'interrogation d'un échantillon.
·
Démocratie d’opinion : Mode d'exercice du pouvoir privilégiant
l'expression spontanée et immédiate des avis citoyens captée par les outils de
mesure.
·
Démocratie
représentative : Système où la
légitimité découle des mandats accordés aux représentants lors d'élections
formalisées.
2. L'ingénierie de
l'échantillonnage : Construire un miroir fidèle
L'échantillon doit être un « miroir » ou une miniaturisation de la
population parente. Sans cette représentativité, l'analyse la plus fine reste
un artéfact statistique. Historiquement, l'utilité des sondages s'est imposée
par leur capacité de prédiction supérieure aux intuitions journalistiques,
comme lors de l'élection présidentielle de 1965, où ils avaient
correctement anticipé la mise en ballottage du général de Gaulle face aux
prévisions des communicants.
Analyse comparative
des méthodes d'échantillonnage
|
Méthode |
Principe Technique |
Avantages |
Limites & Contextes |
Rigueur Scientifique |
|
Quotas |
Stratification
par variables parentes (sexe, âge, CSP, région). |
Coût
réduit, rapidité d'exécution. |
Biais d'auto-sélection
(volontaires) ; exclusion des populations sans accès Internet. |
Modérée
(Empirique) |
|
Aléatoire |
Tirage au
sort pur sur base de données exhaustive. |
Précision
maximale, réduction des biais de sélection. |
Coût élevé
; accès difficile aux fichiers globaux. |
Haute
(Probabiliste) |
Critères de robustesse
Un seuil de 1 000 personnes est le standard requis pour
stabiliser les tendances. Cependant, le mode de recueil (Internet vs
face-à-face) introduit des variables critiques. Les enquêtes en ligne, bien que
pragmatiques, excluent structurellement les franges non connectées de la
population, nécessitant un redressement statistique (weighting)
exogène pour rééquilibrer la structure démographique réelle.
3. Architecture du
questionnaire : L'art de la neutralité formulative
La psychologie du sondé est vulnérable à la structure du langage et au
biais de désirabilité sociale. L'opinion peut être artificiellement induite par
la formulation, renforçant une « norme du croire » ou une évidence sociale.
Directives pour la
neutralité formulative
|
Biais de formulation (Mauvaise pratique) |
Formulation neutre (Bonne pratique) |
Mécanisme de biais |
|
"Croyez-vous
en Dieu ?" (81% de réponses positives en 1969). |
"Est-ce
que vous croyez en Dieu ?" (66% de réponses positives en 1969). |
Norme de
croyance : La première induit que le
fait de croire est la norme attendue. |
|
Utilisation
de termes connotés ou suggestifs. |
Vocabulaire
descriptif et options équilibrées. |
Effet
d'acquiescement : Tendance à valider une
proposition positive. |
Effets de halo et de contamination
L'ordre des questions génère une « contamination ». Interroger sur
l'insécurité juste avant d'évaluer l'action gouvernementale fausse la réponse
vers une sensibilité accrue. Le contexte (actualité immédiate, faits divers) agit
comme un catalyseur figeant une opinion par nature dynamique. Un test préalable
(pré-enquête) est indispensable pour neutraliser ces interférences.
4. La rigueur statistique : Marges d'erreur et redressement
Le chiffre brut est une illusion sans son intervalle de confiance. L'experte/expert
a la responsabilité de dissiper l'illusion de précision absolue.
- L'Intervalle de confiance : Si une candidate/ un candidat est crédité
de 50,5 % avec une marge d'erreur de 3 points (échantillon
de 1 000), son score réel oscille entre 47,5 % et 53,5 %. À 95 % de niveau
de confiance, le résultat est statistiquement indécidable.
- La gestion des non-réponses : Le profil des « sans-opinion » (souvent les
classes populaires ou les extrêmes) est une donnée sociologique cruciale.
Ignorer ce silence biaise la représentativité.
- Le redressement : C'est l'outil correctif de l'expert. Il
consiste à pondérer les réponses pour compenser les sous-représentations
(ex: ajuster le poids des jeunes ou des non-connectés) afin que l'échantillon
final colle aux statistiques de l'INSEE (Institut Nationale de la
Statistique et des Etudes Economiques).
5. Analyse critique :
Dépasser l'artéfact statistique
Comme l'affirmait Pierre Bourdieu, « l'opinion publique n'existe pas » en
tant qu'agrégat simple. Elle est une construction influencée par trois biais
théoriques :
- L'imposition de la
problématique : Le sondage force des
réponses sur des sujets (nucléaire, euthanasie) où la citoyenne/ le
citoyen n'a pas forcément de compétence ou d'intérêt, créant une opinion
de façade.
- L'agrégation d'opinions
inégales : Additionner des opinions
d'intensités disparates (l'avis d'une minorité active vs un avis
désintéressé) produit un résultat dépourvu de sens sociologique.
- L'illusion du consensus : Le pourcentage occulte les rapports de
force. Une minorité disposant d'un capital symbolique ou économique fort
peut peser davantage dans le débat réel que la majorité statistique
silencieuse.
6. Impact stratégique
: Marketing, politique et communication
Le sondage a fait basculer la gestion publique vers le «
Agenda-setting » (mise à l'agenda). Les thèmes dominants (sécurité,
immigration) saturent l'espace médiatique, reléguant les enjeux de fond
(conditions carcérales, politique étrangère) au second plan.
- Le contrôle des gouvernants : L'ajustement permanent des réformes aux
baromètres de popularité risque de sacrifier l'intérêt général au profit
de l'immédiateté.
- La sélection des candidates/candidats : Les intentions de vote légitiment les
candidatures. En 2020, Joe Biden a ajusté son programme sur le
climat et la justice sociale pour répondre aux préoccupations identifiées
chez l'électorat progressiste.
- Le comportement électoral : Les sondages favorisent le « vote
utile » ou stratégique. En avril 2022, 30 % des
électrices françaises/électeurs français ont déclaré avoir voté
stratégiquement au premier tour (Ipsos/Sopra Steria), illustrant un
ajustement tactique plutôt qu'une conviction idéologique.
Cadre Légal : En France, les
lois de 1977 et 2002 encadrent strictement la
publication des sondages (interdiction la veille et le jour du scrutin) pour
préserver la sérénité du vote, bien que l'ère numérique fragilise ce contrôle.
7. Conclusion : Pour une utilisation éthique et éclairée
Le sondage est un outil de connaissance indispensable, mais périlleux s'il
est utilisé comme un oracle. Il ne mesure pas la « volonté générale », mais une
réaction à un instant "t".
Recommandations finales : Les décideurs doivent impérativement croiser les données sondagières
avec les observations de terrain, les analyses de médias et les processus de
socialisation. À l'ère des réseaux sociaux, l'avenir de l'ingénierie
statistique réside dans la capacité à synthétiser les flux numériques avec la
rigueur des méthodes classiques pour transformer la donnée brute en
intelligence stratégique holistique.
Sciences
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QUIZ : La formation et
l’expression de l’opinion publique / Comment se forme et
s’exprime l’opinion publique ?
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1. Au XVIIIe siècle, comment est
définie l'opinion publique naissante ?
A. Comme une rumeur populaire sans
fondement rationnel.
B. Comme l'expression directe du
suffrage universel masculin.
C. Comme la voix du peuple recueillie
par des enquêtes statistiques.
D. Comme le monopole d'une élite
instruite et « éclairée » par la raison.
2. Quelle est la principale
caractéristique de la méthode des quotas pour construire un échantillon de
sondage ?
A. Elle nécessite d'interroger la
totalité de la population concernée.
B. Elle n'interroge que des volontaires
ayant accès à Internet.
C. Elle construit un échantillon «
miroir » respectant les proportions de la population réelle.
D. Elle repose sur un tirage au sort pur
et simple dans une base de données exhaustive.
3. Pourquoi Pierre Bourdieu
affirme-t-il que « l'opinion publique n'existe pas » au sens des sondages ?
A. Parce que les citoyennes/citoyens
refusent de plus en plus de répondre aux enquêteurs.
B. Parce que le peuple est devenu trop
ignorant pour exprimer un avis politique.
C. Parce que les sondages supposent à
tort que tout le monde a une opinion constituée sur tous les sujets.
D. Parce que les résultats des élections
contredisent systématiquement les sondages.
4. Si une candidate/un candidat
obtient 50% d'intentions
de vote avec une marge d'erreur de 3 points, quel est l'intervalle de confiance ?
A. [47%;53%] avec une probabilité fixée.
B. [47%;50%] car les sondages
surestiment toujours les favoris.
C. [50%;53%] car le candidat ne peut que
monter.
D. [0%;100%] en raison de l'imprécision
totale des sondages.
5. Comment la « démocratie d'opinion »
modifie-t-elle l'exercice du pouvoir ?
A. Elle remplace le vote par des
enquêtes quotidiennes sur Internet.
B. Elle renforce le rôle exclusif des
partis politiques traditionnels.
C. Elle interdit aux responsables
politiques de consulter les sondages pendant leur mandat.
D. Elle pousse les gouvernants à
s'aligner sur les attentes immédiates mesurées par les sondages.
6. Vrai ou Faux : Les sondages n'ont
aucun impact sur la participation électorale.
A. Vrai, car le vote est un acte
purement individuel et secret.
B. Faux, car ils peuvent décourager les
électeurs si le résultat semble déjà joué.
7. Qu'est-ce que la « mise à l'agenda »
favorisée par les sondages ?
A. L'obligation pour les
candidates/candidats de publier leur calendrier de campagne.
B. L'interdiction de parler de certains
sujets sensibles à la télévision.
C. Le fait d'imposer certains thèmes
comme prioritaires dans le débat public.
D. Le droit pour les citoyennes/citoyens
de choisir la date des prochaines élections.
8. Quel risque la personnalisation du
débat public fait-elle peser sur la démocratie selon le cours ?
A. Celui de supprimer totalement les
élections présidentielles.
B. Celui de privilégier l'image et la
forme au détriment du fond des programmes.
C. Celui d'empêcher les nouvelles
candidates/nouveaux candidats de se présenter.
D. Celui de rendre les partis politiques
trop puissants financièrement.
9. Quelle était la fonction principale
de l'opinion « criée » au XIXe siècle ?
A. Fournir des données statistiques
précises aux préfets de l'époque.
B. Permettre aux philosophes de discuter
en secret de l'avenir du pays.
C. Exprimer les revendications
populaires par la rue, les pétitions et la presse de masse.
D. Organiser des votes en ligne sur les
réseaux sociaux naissants.
10. En France, quelle règle encadre la
publication des sondages juste avant un scrutin ?
A. La diffusion obligatoire des
résultats toutes les heures à la radio.
B. L'interdiction de publier des
sondages la veille et le jour de l'élection.
C. L'obligation pour chaque
citoyenne/citoyen de voter selon le dernier sondage paru.
D. L'interdiction totale de faire des sondages
pendant toute l'année électorale.
Interrogation écrite de 15 minutes, notée sur 20, portant sur le
Chapitre 9 : " Comment se forme et s’exprime l’opinion publique ?"
Nom : .............................. Prénom :
.............................. Date : ....................
Interrogation écrite : Comment se
forme et s'exprime l'opinion publique ?
Question 1 : Approche historique (4 points)
Identifiez les trois grandes formes historiques qu'a
prises l'opinion publique, du XVIIIe siècle à nos jours, et précisez pour
chacune son support ou mode d'expression principal.
Question 2 : La technique des sondages (4 points)
Pour qu'un sondage soit représentatif de la
population, il existe deux méthodes principales pour constituer l'échantillon.
Expliquez brièvement la différence entre la méthode aléatoire et la méthode
des quotas.
Question 3 : Les limites sociologiques (6 points)
Le sociologue Pierre Bourdieu a formulé des critiques
majeures à l'encontre des sondages, allant jusqu'à affirmer que l'opinion
publique mesurée par ces outils est une construction artificielle. Quelles sont
les trois limites fondamentales qu'il soulève concernant la production et
l'interprétation des opinions ?
Question 4 : La vie politique (6 points)
Définissez la démocratie d'opinion. Illustrez
ensuite par un exemple précis la façon dont l'omniprésence des sondages
influence la vie politique, en choisissant soit l'impact sur le contrôle des
gouvernants, soit la sélection des candidats à une élection.
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